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Symbolisme islamique

Rêver de rat en islam : signification selon Ibn Sirin

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Le rat — al-fa'r (الفأر) pour le terme générique et al-jurdh (الجرذ) pour le gros rat — occupe une place particulière dans la tradition onirique islamique. Le rat fait partie des cinq fawasiq — les cinq animaux nuisibles que le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) a autorisé à tuer même en état de sacralisation (ihram). Ce statut de fasiq (corrupteur) fonde l'ensemble de son symbolisme onirique : le rat représente le voleur, le corrupteur, la personne vile qui s'infiltre dans l'intimité du rêveur pour nuire. Plus gros que la souris, le rat symbolise un ennemi plus dangereux et plus audacieux. Cette page présente l'ensemble des interprétations classiques, organisées par scénario.

· Ayoub Merlin

Le rat, dans le rêve, n'est pas une grosse souris. C'est un voleur. Ibn Sirin ne lui prête pas la petite nuisance des rongeurs ordinaires : il y voit quelqu'un qui prend ce qui ne lui revient pas — l'argent, oui, mais aussi la réputation, la confiance, l'intimité du foyer. Et le mot que la langue arabe colle déjà à la bête le dit : fasiq, le corrupteur, celui qui sort de l'obéissance — le terme même dont le Prophète ﷺ a marqué les cinq nuisibles qu'on peut tuer jusque sous l'ihram du pèlerinage.

Car il ne s'invente pas un symbole. Il hérite d'un verdict déjà rendu. Si le rat est de ceux qu'on tue en pèlerinage, c'est qu'il appartient à la catégorie du nuisible irrécupérable. La tradition rapporte d'ailleurs qu'on a ordonné de les tuer parce qu'ils mettent le feu aux maisons en traînant des mèches enflammées — détail cruel qui dit tout : la bête ne ronge pas seulement, elle incendie ce qui l'abrite. Le rêveur qui voit un rat voit donc, selon Ibn Sirin, un voleur. Quelqu'un qui prend ce qui ne lui revient pas. L'argent, oui, mais aussi la réputation, la confiance, l'intimité du foyer.

Une nuance compte, et elle est de taille — au sens propre. L'arabe distingue al-fa'r (الفأر), la souris, terme générique, d'al-jurdh (الجرذ), le gros rat. Al-Nabulsi en fait un principe : plus la bête est grosse, plus le symbole pèse lourd. La souris reste l'ennemi domestique mineur, souvent une figure féminine médisante, qui grignote sans renverser la maison. Le rat, lui, n'est pas confiné au foyer — il peut être le voleur professionnel, l'escroc d'envergure, la corruption qui menace les fondations. Rêver d'un rat énorme, c'est rêver d'un adversaire à sa mesure.

Le pelage parle aussi, et ici la couleur ment. Le blanc, partout ailleurs synonyme de pureté, se retourne sur le rat blanc : un munafiq, un hypocrite déguisé, qui se pare de piété pendant que ses intentions pourrissent. Méfiance, dit la lecture classique, envers ceux qui affichent trop de vertu sans en fournir la preuve. Le rat noir fait l'inverse — il ne cache rien. C'est l'ennemi déclaré, l'hostilité connue, le concurrent qui frappe au grand jour. Moins traître, plus frontal. On choisirait presque le second.

Quand la bête mord, le songe quitte l'avertissement pour l'attaque. La morsure, c'est l'ennemi qui passe à l'acte — vol, calomnie, trahison concrète. Et l'endroit mordu désigne le terrain : la main pour une perte d'argent, le pied pour un projet entravé, le visage pour la réputation atteinte. Manger du rat fait basculer le rêveur de l'autre côté : il devient celui qui nuit. Se nourrir de cette chair, c'est la ghiba, la médisance — et le Coran a déjà donné l'image exacte, celle de l'homme qui mange la chair de son frère mort (Al-Hujurat, 49:12). Personne n'en voudrait. Le songe vous demande pourquoi vous le faites éveillé.

Tout n'est pas menace, pourtant. Attraper le rat renverse le sens : on démasque le voleur, on confronte le fraudeur, le droit se rétablit. Pris vivant, l'ennemi sera dévoilé publiquement. Le tuer scelle la victoire, et la manière la précise — à mains nues, on l'emporte par ses propres forces ; par le poison, par la ruse et l'intelligence. La nuance vaut qu'on s'en souvienne au réveil : la lecture classique ne range pas le rat mort parmi les mauvais présages, mais parmi les bons.

Reste le pire des tableaux, qui n'est pas un rat mais une nuée. Beaucoup de rats, et le rêve cesse de désigner une personne pour désigner un lieu : un environnement gangrené, un travail toxique, un voisinage hostile, un cercle pourri jusqu'à la fréquentation. Là, Ibn Sirin ne conseille pas de chasser une bête. Il invite à partir.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre rêver de rat et rêver de souris en islam ?+

En islam, le rat (al-jurdh الجرذ) et la souris (al-fa’r الفأر) partagent un symbolisme similaire — tous deux représentent des ennemis, des voleurs ou des personnes corrompues — mais le rat, étant plus gros, symbolise un ennemi plus dangereux et plus audacieux. La souris est traditionnellement associée à un ennemi domestique, souvent féminin, tandis que le rat représente un adversaire plus agressif et plus destructeur. Ibn Sirin traite les deux comme des variantes d’un même symbole, avec une intensité proportionnelle à la taille de l’animal.

Le rat est-il mentionné dans les hadiths ?+

Oui, le rat fait partie des cinq fawasiq — les cinq animaux nuisibles qu’il est permis de tuer même en état de sacralisation (ihram). Le Prophète Muhammad (paix et bénédictions sur lui) a dit : « Cinq animaux sont des fawasiq qu’il est permis de tuer en état de sacralisation : le corbeau, le milan, le scorpion, la souris/le rat, et le chien enragé. » (Sahih al-Bukhari et Sahih Muslim). Ce statut de fasiq (corrupteur/nuisible) fonde l’interprétation négative du rat dans les rêves.

Que signifie rêver d’un rat blanc en islam ?+

Le rat blanc est un symbole particulièrement trompeur selon Al-Nabulsi. Il représente un hypocrite déguisé — une personne qui se présente sous une apparence de pureté ou de piété mais dont les intentions sont corrompues. Le blanc, couleur normalement positive en islam, est ici détourné par la nature nuisible du rat. Ibn Sirin compare le rat blanc à quelqu’un qui parle bien mais agit mal — un ennemi qui utilise les bonnes manières comme couverture.

Que signifie rêver de tuer un rat en islam ?+

Tuer un rat en rêve est un signe positif selon Ibn Sirin. Cela annonce la victoire sur un voleur, un corrupteur ou un ennemi domestique. Attraper le rat avant de le tuer est encore plus positif — le rêveur démasquera l’ennemi et l’empêchera de nuire. Si le rêveur tue le rat à mains nues, il vaincra l’adversaire par ses propres moyens. Si le rat meurt empoisonné, la victoire viendra par la ruse et l’intelligence.

Que signifie rêver d’une morsure de rat en islam ?+

La morsure de rat en rêve annonce une attaque de la part d’une personne corrompue, selon Ibn Sirin. Le rat qui mord est un ennemi qui passe à l’action — vol, calomnie, ou trahison concrète. La localisation de la morsure précise la nature du préjudice : main = perte financière ; pied = obstacle dans un déplacement ou un projet ; corps = atteinte physique ou morale. Al-Nabulsi ajoute que si la morsure saigne abondamment, le préjudice sera financier.

Que signifie rêver de souris en islam ?+

En islam, la souris (al-fa’r الفأر) symbolise généralement une femme corrompue, médisante ou de mauvaise compagnie, selon Ibn Sirin. Une souris dans la maison annonce la présence d’une personne nuisible au sein du foyer — souvent quelqu’un qui dérobe, espionne ou sème la discorde. Une souris blanche et une souris noire qui se suivent évoquent l’alternance du jour et de la nuit, donc le passage du temps. Voir de nombreuses souris indique l’accumulation de petits soucis ou de petites pertes (nourriture grignotée, biens entamés). Al-Nabulsi précise que tuer ou chasser la souris est un signe positif : le rêveur écartera cette mauvaise influence de sa vie.

Sources et références

  • Ibn Sirin, Muhammad. Tafsir al-Ahlam al-Kabir (تفسير الأحلام الكبير), VIIIe siècle.
  • Al-Nabulsi, Abd al-Ghani. Ta'tir al-Anam fi Tafsir al-Manam (تعطير الأنام في تعبير المنام), XVIIIe siècle.
  • Sahih al-Bukhari, hadith sur les cinq fawasiq.
  • Sahih Muslim, hadith sur les animaux nuisibles autorisés à tuer en état d'ihram.
  • Le Saint Coran, sourate Al-Hujurat (49:12) — sur la médisance.

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