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Symbolisme islamique

Rêver de souris en islam : signification selon Ibn Sirin

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La souris — al-fa'r (الفأر) — occupe une place singulière dans la tradition onirique islamique. Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) l'a lui-même qualifiée de « fuwaysiqah » (فويسقة), la « petite transgresseuse », l'une des cinq créatures nuisibles (fawasiq) qu'il est permis de tuer même dans l'enceinte sacrée de La Mecque et en état d'ihram. Dans l'interprétation des rêves, la souris symbolise le vol, la corruption, l'hypocrisie et la femme corrompue (fasiqah). Ibn Sirin, Al-Nabulsi et les commentateurs classiques consacrent à ce symbole des développements précis que cette page présente de manière exhaustive.

· Ayoub Merlin

Il y a un mot que le Prophète ﷺ a employé pour la souris et qu'aucun autre animal du logis ne porte : fuwaysiqah (فويسقة), la « petite transgresseuse ». Le diminutif de fasiq, celui qui sort de l'obéissance. On donne ce nom à un être minuscule qui grignote dans le noir — et tout de suite la créature change d'échelle. Elle n'est plus un parasite. Elle est un caractère. C'est de là que part toute la lecture onirique d'Ibn Sirin : il n'invente pas un symbole, il prolonge une qualification prophétique.

Pour comprendre pourquoi le mot est si lourd, il faut savoir ce qu'il accompagne. La souris fait partie des cinq fawasiq, ces créatures nuisibles qu'il est permis de tuer même en état d'ihram, jusque dans l'enceinte sacrée de La Mecque où l'on ne touche d'ordinaire à rien de vivant : « Cinq animaux nuisibles peuvent être tués même en état d'ihram : le corbeau, le milan, le scorpion, la souris et le chien enragé » (al-Bukhari n°3314, Muslim n°1198). Être rangé là, aux côtés du scorpion et du chien enragé, dit le statut de la bête. Et un autre hadith précise la nature exacte du danger : « La souris traîna la mèche de la lampe et mit le feu à la maison au-dessus du Messager d'Allah ﷺ » (Muslim n°2012). Tout est dans cette image. Un animal qu'on ne voit pas, un geste dérisoire — tirer une mèche — et la maison entière prend feu. Le Prophète ﷺ en a tiré une consigne très concrète : éteindre les lampes avant de dormir. C'est cette disproportion entre la petitesse de la cause et l'ampleur du désastre que les onirocrites ont retenue. La souris du rêve, c'est le tort qui semble anodin et qui ruine.

Aussi, quand Ibn Sirin écrit dans son Tafsir al-Ahlam que la souris désigne une femme corrompue (fasiqah), une voleuse ou une hypocrite, il ne moralise pas gratuitement : il lit la fuwaysiqah au féminin. Le détail qui mérite qu'on s'y arrête, c'est sa hiérarchie des couleurs, contre-intuitive. On attendrait que le blanc rassure. Il fait l'inverse. La souris blanche est la plus inquiétante des trois, parce qu'elle est la plus proche : une épouse, une sœur, une parente, dont l'apparence respectable couvre l'intention nuisible. La souris noire, elle, désigne une ennemie du dehors — rivale, voisine malveillante — et Ibn Sirin la juge moins dangereuse, justement parce qu'un ennemi identifié se repousse. Le danger qu'on nomme fait moins peur que celui qui dort sous le même toit. Il garde d'ailleurs une image plus douce pour le cas où blanches et noires se voient ensemble : elles figurent alors l'alternance des jours et des nuits, l'écoulement du temps et la durée de la vie.

Le reste se joue dans l'action, et là le rêve se renverse souvent en faveur du dormeur. La souris dans la maison, c'est le voleur parmi les proches, la perte furtive — ces petites soustractions répétées qui appauvrissent un foyer sans qu'on en trouve la cause. La manger, c'est la médisance, la ghiba : se nourrir de la chair d'un absent. Mais l'attraper, c'est démasquer l'hypocrite ; et la tuer, c'est le neutraliser tout à fait et trancher le conflit. Trouver la souris déjà morte, sans l'avoir touchée, est plus doux encore : la menace s'éteint d'elle-même.

Al-Nabulsi, six siècles plus tard, ajoute la nuance qui manquait à ce tableau presque trop sombre. Dans son Ta'tir al-Anam, il retient de la souris non plus seulement le vol, mais la prévoyance : à force d'amasser pour l'hiver, elle devient signe de longévité et de provisions pour les vieux jours. C'est le même animal lu par l'autre bout. Voilà pourquoi voir grouiller beaucoup de souris ne se tranche jamais a priori : menaçantes, elles disent l'abondance de corrompus autour de soi ; paisibles à entasser leurs grains, elles annoncent la richesse. Le ressenti du dormeur décide. Al-Nabulsi a encore cette trouvaille du trou de souris — un péché caché ; si la bête en sort, le vice sera révélé au grand jour. Et lorsque le chat entre dans le rêve aux côtés de la souris, c'est une trêve contre-nature entre ennemis : si le chat la prend, un allié écartera la menace à la place du rêveur.

Reste la règle qui tient tout cela debout : ce sont des lectures symboliques, jamais un verdict sur une personne réelle. Le rêve de souris n'accuse personne. Il met en éveil — envers ce qui, dans une vie, grignote dans l'ombre.

Questions fréquentes

Rêver de souris en islam est-il un mauvais signe ?+

Oui, dans la majorité des cas. Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) a qualifié la souris de « fuwaysiqah » (petite pécheresse/transgresseuse), l’une des cinq créatures nuisibles qu’il est permis de tuer même en état de sacralisation (ihram). Selon Ibn Sirin, la souris représente une femme corrompue, une voleuse ou une hypocrite dans l’entourage du rêveur. Cependant, certains contextes peuvent nuancer cette interprétation, notamment lorsque les souris sont vues en grand nombre, ce qui peut paradoxalement symboliser l’abondance.

Que signifie rêver de souris dans la maison en islam ?+

Rêver de souris dans la maison en islam est interprété par Ibn Sirin comme la présence d’une personne nuisible mais discrète au sein même du foyer — un voleur, une hypocrite ou une personne qui profite des biens de la famille sans se faire remarquer. La souris agit dans l’ombre : ce rêve peut aussi annoncer une perte furtive de biens, de petites soustractions répétées qui appauvrissent le foyer sans qu’on en identifie immédiatement la cause. La couleur de l’animal apporte une nuance classique : chez Ibn Sirin, les souris blanches et noires vues ensemble représentent les jours et les nuits — c’est-à-dire l’écoulement du temps et de la durée de vie du rêveur — tandis qu’une souris blanche seule désigne plutôt une femme proche dont la loyauté est en question, et une souris noire une ennemie extérieure au foyer. La tradition recommande au rêveur de faire preuve de discernement envers les personnes ayant accès à sa maison et de vérifier la gestion de ses biens, sans accuser quiconque sur la seule foi d’un rêve.

Que signifie rêver d’une souris blanche en islam ?+

Selon Ibn Sirin, la souris blanche en rêve représente une femme de l’entourage proche du rêveur — épouse, sœur ou parente. Sa couleur blanche ne la rend pas nécessairement positive : elle symbolise une femme qui dissimule sa nature corrompue ou hypocrite sous une apparence de respectabilité. Si la souris blanche entre dans la maison, c’est un avertissement concernant une femme proche qui pourrait trahir la confiance du rêveur.

Que signifie rêver de beaucoup de souris en islam ?+

Voir de nombreuses souris en rêve comporte un double sens dans la tradition islamique. D’un côté, Ibn Sirin y voit l’abondance de personnes corrompues dans l’environnement du rêveur — des hypocrites ou des voleurs. De l’autre côté, les souris qui amassent de la nourriture peuvent paradoxalement symboliser la richesse et la prospérité, car elles représentent l’accumulation de biens. Le contexte du rêve (les souris sont-elles menaçantes ou paisibles ?) détermine laquelle des deux interprétations s’applique.

Pourquoi le Prophète a-t-il appelé la souris « fuwaysiqah » ?+

Le terme « fuwaysiqah » (فويسقة) est le diminutif de « fasiqah » (transgresseuse, pécheresse). Le Prophète Muhammad a classé la souris parmi les cinq « fawasiq » (créatures nuisibles) qui peuvent être tuées même en état d’ihram : la souris, le scorpion, le corbeau, le milan et le chien enragé (hadith rapporté par al-Bukhari et Muslim). La souris fut spécifiquement mentionnée pour son habitude de voler la nourriture, de grignoter les biens des gens et de traîner les mèches de lampe, causant des incendies — d’où le hadith sur la souris qui brûla une maison.

Que signifie attraper une souris en rêve en islam ?+

Attraper une souris en rêve est un signe positif selon Ibn Sirin. Cela signifie que le rêveur démasquera un voleur, un hypocrite ou une personne corrompue dans son entourage. Si le rêveur attrape la souris vivante, il confrontera cette personne et obtiendra justice. Si la souris meurt dans ses mains, le problème sera résolu définitivement. Al-Nabulsi ajoute que tendre un piège à souris en rêve indique que le rêveur prendra des mesures concrètes pour se protéger d’un adversaire dissimulé.

Que signifie rêver d'une souris noire en islam ?+

Selon Ibn Sirin, la couleur de la souris en rêve oriente fortement l'interprétation. La souris noire, contrairement à la souris blanche qui désigne une femme de l'entourage proche, symbolise une ennemie ou une personne nuisible extérieure au foyer : une rivale, une opposante dissimulée ou une menace venant de l'environnement du rêveur plutôt que de sa famille. Le noir renforce ici l'idée de dissimulation et d'intentions cachées. Ibn Sirin rappelle également une image classique : voir ensemble des souris blanches et des souris noires représente l'alternance des jours et des nuits, c'est-à-dire l'écoulement du temps et la durée de vie du rêveur. Si la souris noire s'introduit dans la maison ou ronge des biens, la tradition y voit l'avertissement d'une atteinte furtive — une perte discrète ou une médisance qui agit dans l'ombre. Comme toujours en oniromancie islamique, ces lectures restent symboliques : le rêve invite à la vigilance et au discernement, sans constituer une accusation contre une personne précise.

Que signifie tuer une souris en rêve en islam ?+

Tuer une souris en rêve est généralement perçu comme un signe favorable dans la tradition oniromantique islamique. Le Prophète Muhammad (صلى الله عليه وسلم) ayant classé la souris parmi les cinq « fawasiq » (créatures nuisibles) qu'il est permis de tuer même en état d'ihram, sa mise à mort en songe prolonge cette symbolique : selon Ibn Sirin, le rêveur l'emportera sur une personne corrompue, une voleuse ou une hypocrite de son entourage, et éloignera durablement une nuisance. Là où attraper une souris signifie démasquer l'adversaire, la tuer indique que le rêveur neutralise complètement la menace et tranche un conflit en sa faveur. Al-Nabulsi ajoute que tuer ces petits animaux nuisibles en rêve traduit la volonté de se purifier de mauvaises fréquentations ou de couper court à une situation malsaine. Cette interprétation demeure symbolique et culturelle : elle évoque une victoire morale ou une protection retrouvée, et ne saurait être lue comme un jugement sur une personne réelle.

Que signifie rêver d'une souris morte en islam ?+

Rêver d'une souris déjà morte, sans l'avoir tuée soi-même, est le plus souvent interprété comme un signe d'apaisement dans la tradition islamique. Selon la lecture d'Ibn Sirin, la souris incarnant une personne nuisible, voleuse ou hypocrite, la voir sans vie annonce la fin d'un tort ou la disparition d'une menace qui pesait sur le rêveur : un adversaire dissimulé perd son pouvoir de nuire, ou une mauvaise influence s'éteint d'elle-même. C'est souvent le signe qu'une période de tension s'achève et que le foyer retrouve sa tranquillité. Certains interprètes nuancent toutefois selon le contexte : une souris morte qui se décompose ou répand une odeur peut évoquer les traces persistantes d'un mal passé, un litige clos mais dont les conséquences subsistent. Al-Nabulsi rappelle que l'état de l'animal et le ressenti du rêveur — soulagement ou dégoût — affinent le sens. Comme pour tout symbole onirique, il s'agit d'une lecture culturelle et symbolique, et non d'une prédiction ou d'un jugement.

Que signifie rêver de souris dans sa maison en islam ?+

La souris dans la maison symbolise, selon Ibn Sirin, une personne qui s'introduit dans le foyer et en grignote discrètement les ressources : un visiteur indélicat, un proche qui abuse de l'hospitalité, ou une femme corruptrice selon les termes classiques. Une souris qui sort de la maison emporte avec elle la baraka (bénédiction) du foyer. En revanche, chasser la souris ou la voir fuir annonce que le rêveur identifiera cette influence et s'en protégera à temps.

Rêver de plusieurs souris ou d'une invasion de souris en islam : bon ou mauvais signe ?+

Une multitude de souris est un avertissement plus sérieux qu'une souris isolée : Ibn Sirin y voit l'accumulation de petites pertes qui, ensemble, épuisent les biens — dettes négligées, dépenses invisibles, entourage profiteur. Al-Nabulsi associe l'invasion de souris à un groupe de personnes malveillantes autour du rêveur. Le lieu compte : des souris dans le garde-manger visent la subsistance, dans la chambre l'intimité du couple. Nettoyer la maison des souris annonce un assainissement salutaire de sa situation.

Que signifie tuer une souris dans un rêve en islam ?+

Tuer une souris en rêve est généralement favorable : selon Ibn Sirin, cela signifie triompher d'une personne sournoise ou mettre fin à une source de perte discrète. Le rêveur reprend le contrôle de ce qui lui échappait. Attraper une souris vivante peut signifier démasquer la personne en question avant qu'elle ne nuise davantage. Si la souris mord avant d'être tuée, un tort aura déjà été causé, mais il restera limité.

Sources et références

  • Ibn Sirin, Muhammad. Tafsir al-Ahlam al-Kabir (تفسير الأحلام الكبير), VIIIe siècle.
  • Al-Nabulsi, Abd al-Ghani. Ta'tir al-Anam fi Tafsir al-Manam (تعطير الأنام في تعبير المنام), XVIIIe siècle.
  • Sahih al-Bukhari, hadith n°3314 — Les cinq fawasiq (créatures nuisibles).
  • Sahih Muslim, hadith n°1198 — Les cinq fawasiq ; hadith n°2012 — La souris et la mèche.
  • Ibn Hajar al-Asqalani. Fath al-Bari fi Sharh Sahih al-Bukhari, XVe siècle.

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