Symbolisme islamique
Rêver de cheval en islam : signification selon Ibn Sirin
Le dictionnaire complet — 150 symboles décryptés — Kindle 6,99 € →Le cheval — al-khayl (الخيل) pour les chevaux en général et al-faras (الفرس) pour le coursier noble — occupe une place exceptionnelle dans l'islam et dans l'interprétation des rêves. Le Prophète Muhammad a déclaré : « Le bien est lié aux toupets des chevaux jusqu'au Jour du Jugement » (hadith rapporté par Al-Bukhari et Muslim). Al-Buraq, la monture céleste du Mi'raj, est décrit comme un animal ailé entre le mulet et le cheval. Les Arabes ont élevé le cheval au rang de créature noble par excellence — le pur-sang arabe est né de cette vénération millénaire. Ibn Sirin, Al-Nabulsi et Ibn Qutaybah consacrent tous des sections importantes au cheval dans leurs encyclopédies oniriques. Cette page présente l'ensemble des interprétations classiques, organisées par couleur, action et contexte du cheval dans le rêve.
· Ayoub Merlin
Allah ne jure pas par n'importe quoi. Dans la sourate Al-Adiyat, le serment divin tombe sur des chevaux lancés au galop — « les coursiers qui courent en haletant, qui font jaillir des étincelles, qui attaquent au matin, qui soulèvent un nuage de poussière, et qui pénètrent au centre de la troupe ennemie » (100:1-5). On jure par ce qui est grand. C'est de là, de ce point précis du texte, que les interprètes de rêves ont tiré l'équation qui gouverne tout le reste : le cheval, c'est l'izzah, l'honneur. Pas la chance, pas le voyage d'abord — l'honneur, et son revers possible, l'humiliation.
Ibn Sirin (654-728) ne s'embarrasse pas de nuances dans son Tafsir al-Ahlam al-Kabir : le faras, le coursier noble, c'est la puissance et le prestige, point de départ. Et puis il ajoute la mesure qui rend la chose utilisable. La taille du cheval dit l'ampleur de l'honneur ; son état — sain, malade, blessé — dit l'état de votre propre dignité. Un cheval magnifique mais boiteux n'est donc pas un bon rêve. C'est un prestige qui cloche.
La couleur affine encore. Le blanc tient la première place, honneur pur et autorité gagnée par le mérite, la piété ou la justice ; il a derrière lui Al-Buraq, cette monture céleste du Mi'raj que la tradition décrit plus grande que l'âne et plus petite que le mulet, l'enjambée portant aussi loin que le regard. Le noir, lui, charrie la richesse et la puissance qui s'exerce dans l'ombre — une influence réelle mais discrète, un honneur lesté de biens. Le bai (rouge) attire les regards : gloire, renommée, parfois un voyage qui rapporte du prestige. L'alezan brun est le plus sobre des quatre, une position stable que rien ne menace mais que rien n'illumine non plus.
Reste l'action, qui peut tout renverser. Monter, c'est prendre une autorité — sellé et bridé, le poste est officiel et reconnu ; sans selle, l'honneur existe mais il est informel, arraché par vos propres moyens. Tomber, à l'inverse, c'est la chute de rang. Ibn Sirin distingue : sans blessure, on se relève, la perte est passagère ; douloureuse, elle marque durablement. Et le cheval mort referme une époque de gloire — sauf s'il revient à la vie dans le rêve, auquel cas l'honneur perdu se voit rendu par la grâce d'Allah.
Là où Ibn Sirin reste sur le terrain du pouvoir, Al-Nabulsi (1641-1731) déplace le symbole vers le foyer. Dans son Ta'tir al-Anam fi Tafsir al-Manam, il lit le cheval comme une épouse : plus l'animal est beau, plus la femme est belle et vertueuse ; une jument docile annonce une compagne noble, un cheval rétif prévient d'un caractère difficile. L'étalon (hisan), de son côté, c'est l'homme de pouvoir — le monter, c'est servir ou côtoyer une autorité ; le voir dominer les autres chevaux, c'est un chef qui l'emportera sur ses rivaux. Toute une grammaire sociale que son prédécesseur n'avait pas déployée.
Il s'attarde aussi sur ce qu'on entend et ce qu'on attache. Le hennissement (sahil) annonce une nouvelle : claire et forte, elle est bonne ; faible ou plaintive, elle inquiète. À la porte, ce hennissement devient l'arrivée d'un visiteur ou d'un message venu d'en haut. Et l'équipement parle : une belle selle pour un poste élevé, une selle cassée pour une autorité qui se fissure ; une armure pour un conflit qu'on est prêt à affronter ; des bijoux et des tissus précieux pour un mariage fastueux. Le cheval nu, lui, dit deux choses à la fois, une liberté sauvage et une vulnérabilité — selon ce que le reste du rêve penche.
Un dernier verset jette une ombre utile sur tout cet éclat. Dans la sourate Sad, Salomon, devant ses coursiers de race, finit par avouer : « Oui, j'ai préféré l'amour des biens à l'invocation de mon Seigneur » (38:31-33). Le même cheval qui élève peut donc retenir, attacher trop fort à la dunya. Al-Imran le range d'ailleurs sans détour parmi les choses enjolivées aux hommes, à côté des femmes, des enfants et de l'or thésaurisé (3:14). Quant à la cavalerie de la sourate Al-Anfal, ce ribat al-khayl qu'on prépare « pour terroriser l'ennemi » (8:60), elle rappelle que le rêve de chevaux alignés et sellés annonce d'abord une saison de vigilance. La promesse du Prophète ﷺ — « le bien est lié aux toupets des chevaux jusqu'au Jour du Jugement » (rapporté par Al-Bukhari et Muslim) — vaut donc à une condition que les anciens lisaient en filigrane : que la monture vous porte vers le haut, sans vous garder en bas.
Questions fréquentes
Rêver de cheval en islam est-il un bon signe ?+
Oui, dans la grande majorité des cas, le cheval en rêve est un signe positif en islam. Selon Ibn Sirin, le cheval représente l’honneur (izzah), la puissance et le prestige. Le Prophète Muhammad a dit : « Le bien est lié aux toupets des chevaux jusqu’au Jour du Jugement » (hadith rapporté par Al-Bukhari). Le contexte du rêve — couleur du cheval, action du rêveur, état de l’animal — précise l’interprétation, mais la valeur de base reste éminemment positive.
Que signifie rêver d’un cheval blanc en islam ?+
Le cheval blanc est l’un des symboles les plus nobles dans l’onirisme islamique. Selon Ibn Sirin, il représente un honneur pur, une autorité légitime et une élévation spirituelle. Al-Nabulsi y voit le signe d’une épouse pieuse et vertueuse, ou d’un pouvoir obtenu avec la bénédiction divine. Le cheval blanc rappelle Al-Buraq, la monture céleste du Prophète lors du Mi’raj, ce qui renforce sa dimension spirituelle et sacrée.
Que signifie monter à cheval dans un rêve en islam ?+
Monter à cheval en rêve symbolise, selon Ibn Sirin, l’acquisition d’une autorité, d’un poste élevé ou d’un voyage entrepris pour une cause honorable. Si le rêveur maîtrise le cheval avec aisance, il exercera son autorité avec compétence. Si le cheval est rétif ou difficile à contrôler, le pouvoir obtenu sera contesté ou difficile à maintenir. Al-Nabulsi précise que monter un cheval sellé signifie une position officielle, tandis qu’un cheval sans selle indique un honneur informel.
Que signifie rêver d’un cheval ailé en islam ?+
Le cheval ailé en rêve est une vision exceptionnelle selon les savants islamiques. Il évoque directement Al-Buraq, la monture céleste du Prophète Muhammad lors de l’Isra et du Mi’raj. Ibn Sirin interprète le cheval ailé comme un rang extraordinaire, une ascension spirituelle majeure ou un honneur qui dépasse l’entendement humain. Al-Nabulsi y voit un voyage lointain béni ou une élévation soudaine dans la hiérarchie sociale ou spirituelle.
Le cheval dans le Coran a-t-il un lien avec l’interprétation des rêves ?+
Oui, le cheval (al-khayl) est mentionné à plusieurs reprises dans le Coran et ces versets fondent son interprétation onirique. La sourate Al-Adiyat (100:1-5) ouvre par un serment divin sur les chevaux de guerre — signe de leur noblesse suprême. La sourate Al-Anfal (8:60) ordonne de préparer des coursiers pour la défense. La sourate Sad (38:31-33) relate l’amour de Salomon pour ses chevaux. Ces références coraniques établissent le cheval comme symbole de puissance légitime, de noblesse guerrière et de faveur divine.
Pour approfondir
Lien affilié — sans surcoût pour vous, ce site perçoit une commission.
Le Grand Dictionnaire des Rêves
Ayoub Merlin
150 symboles décryptés — interprétations islamiques, psychanalytiques et spirituelles.
Voir sur Amazon →Mon Journal des Rêves
Éditions Jouvence
Notez vos rêves chaque matin et analysez vos symboles récurrents.
Voir sur Amazon →ClassiqueLe Livre des Songes
Ibn Sirin
La référence de l'interprétation des rêves en islam, traduit en français.
Voir sur Amazon →Sources et références
- Ibn Sirin, Muhammad. Tafsir al-Ahlam al-Kabir (تفسير الأحلام الكبير), VIIIe siècle.
- Al-Nabulsi, Abd al-Ghani. Ta'tir al-Anam fi Tafsir al-Manam (تعطير الأنام في تعبير المنام), XVIIIe siècle.
- Ibn Qutaybah, Abu Muhammad. Kitab Ta'bir al-Ru'ya (كتاب تعبير الرؤيا), IXe siècle.
- Le Saint Coran, sourate Al-Adiyat (100:1-5), sourate Al-Anfal (8:60), sourate Sad (38:31-33), sourate Al-Imran (3:14).
- Sahih Al-Bukhari, Livre du Jihad, hadith sur les chevaux.
- Sahih Muslim, Livre de l'Imarah, hadith « Le bien est lié aux toupets des chevaux ».