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Symbolisme islamique

Rêver de retrouver quelque chose en islam : signification selon Ibn Sirin

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Wijadat shay (وجادة شيء) — trouver ou retrouver quelque chose — est l'un des rêves les plus favorables de l'oniromancie islamique. Que l'on retrouve un objet perdu, découvre quelque chose d'inattendu ou reçoive un don providentiel dans un rêve, Ibn Sirin et Al-Nabulsi y voient généralement un signe de chance, de récupération et de guidance divine. Ce rêve positif contraste souvent avec les rêves de perte et en forme le pendant heureux.

· Ayoub Merlin

La main se referme sur l'objet. C'est ce geste-là, et pas le décor autour, que les anciens interprètes regardaient en premier. Parce que tout se joue sur une question simple : la chose était-elle à vous ?

Les vieux traités tranchent les deux cas sans les mélanger. Récupérer un bien qu'on possédait — l'anneau glissé du doigt, la bourse oubliée la veille, le proche qu'on croyait parti pour de bon — relève d'un registre précis : le faraj, ce desserrement qui vient après que l'étau s'est resserré. La sourate Ad-Duha le dit du serviteur lui-même : « Il t'a trouvé égaré et Il t'a guidé » (وجدك ضالا فهدى, 93:7). Le verbe y est exactement celui du rêve, wajada, trouver. Dans la lecture pieuse, ce n'est pas tant vous qui retrouvez ; c'est qu'on vous rend ce qui vous revenait. Un droit, une dette qu'on vous devait, une réputation salie qu'on lave, une foi laissée en chemin et reprise. La joie au réveil est, dit-on, à la mesure de la durée du manque : plus la perte a duré, plus le retour pèse.

Ibn Sirin, dans la matière qu'en a tirée Al-Akili, n'envoie pas ce songe vers la chance brute. Il le range du côté du caractère. Retrouver un objet perdu y signe la fidélité tenue, la parole honorée, l'ami protégé, le gain cherché par les voies licites. La trouvaille récompense une droiture déjà là — elle ne tombe pas sans cause sur n'importe qui. Ce n'est pas une promesse de gain, c'est un constat sur celui qui rêve.

L'autre cas bascule ailleurs. Quand l'objet n'a jamais été à vous — abandonné, jeté, ramassé au hasard sur le chemin — les mêmes sources glissent vers le rizq pur : un présent qu'on gardera précieusement, un héritage, parfois la venue d'un enfant béni. Et le détail qui pèse, là, c'est ce que vous faites de la trouvaille dans le songe. Al-Nabulsi insiste sur ce point pour l'argent ramassé : le serrer contre soi, le garder, vaut mieux que le dépenser ou le laisser filer entre les doigts. Ce qu'on tient, on doit le tenir.

Les hadiths, ensuite. Aucune parole authentique du Prophète ﷺ ne fixe un sens chiffré à la trouvaille vue en rêve, et accrocher un hadith à chaque symbole serait malhonnête. Ce qui existe, et qui est solide, ce sont les règles de la luqata — l'objet trouvé qu'on doit annoncer un an durant avant d'y toucher, rapportées dans le Sahih. Du fiqh, pas de l'oniromancie. Confondre les deux ne rend service à personne.

Reste une chose que les grilles toutes faites oublient. Un rêve qui vous rend ce que vous aviez enterré en dit souvent plus long sur ce que vous portez que sur ce qui vous attend. On ne rêve pas de retrouver ce qui nous laisse froid. Si l'objet, au réveil, vous serre encore la poitrine, c'est peut-être là — et non dans la promesse d'un gain — qu'il faut chercher la réponse.

Sources et références

  • Ibn Sirin, Muhammad. Tafsir al-Ahlam al-Kabir (تفسير الأحلام الكبير), VIIIe siècle.
  • Al-Nabulsi, Abd al-Ghani. Ta'tir al-Anam fi Tafsir al-Manam (تعطير الأنام في تعبير المنام), XVIIIe siècle.
  • Le Saint Coran, sourate Ad-Duha (93:6-8) — Allah trouve et relève Son serviteur.
  • Al-Bukhari, Muhammad ibn Isma'il. Sahih al-Bukhari, IXe siècle — hadiths sur le luqata (objet trouvé) et l'honnêteté.

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