Aller au contenu principal

Rêver de vieille femme en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

La vieille femme dans la tradition d'Ibn Sirin

Dans l'oniromancie musulmane classique, dont le Tafsir al-Ahlam attribué à Muhammad Ibn Sirin (642-728) demeure la référence, la vieille femme (ajuz, عجوز) est l'un des symboles les plus commentés. La lecture la plus célèbre la rapproche de la dounya, la vie d'ici-bas : vieille de tout l'âge du monde et pourtant parée pour séduire, elle se donne à qui s'en détourne et fuit qui la poursuit. La vieille inconnue interroge ainsi le rapport du rêveur au monde — ses biens, ses séductions, ses désillusions.

L'apparence donne le sens

Les interprètes classiques font dépendre le présage de l'apparence. Belle et avenante, la vieille femme annonce une dounya favorable : aisance, année féconde — certains auteurs rapprochent aussi la vieille inconnue de l'année (sana) en cours. Décrépite ou hostile, elle évoque un monde qui se détourne : difficultés, année stérile, espoirs déçus. Une vieille femme qui entre dans la maison est ainsi lue selon son visage : la bienveillante apporte le bien, la menaçante avertit d'une épreuve d'ici-bas.

L'écho coranique

Le Coran emploie le mot ajuz dans deux récits : Sarah s'étonne de l'annonce d'un fils — « Comment enfanterais-je, alors que je suis une vieille femme ? » (sourate Hud, 11:72) —, et la femme de Loth est « une vieille parmi ceux qui restèrent en arrière » (sourate ash-Shu'ara, 26:171). Deux figures opposées : la vieillesse visitée par la promesse, et la vieillesse attachée à la cité condamnée. L'âge ne fixe pas le sort — c'est l'orientation du cœur qui décide.

Variantes rapportées

  • Vieille inconnue avenante : dounya favorable, année féconde.
  • Vieille décrépite ou hostile : monde qui se détourne, période aride.
  • Suivre une vieille qui s'éloigne : courir après l'ici-bas qui se dérobe.
  • Aïeule connue : le sens passe par la personne réelle.

Ces lectures restent conditionnées à l'état du rêveur et au contexte du songe ; elles relèvent d'une tradition savante et n'ont pas valeur dogmatique. Le sens revient en dernier ressort à Dieu.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir, chapitre des personnes et de la dounya (VIIIe siècle (compilation ultérieure))
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam, entrée « ajuz » (vieille femme) (XVIIe-XVIIIe siècle)
  • Coran, Sourate Hud 11:72 ; sourate ash-Shu'ara 26:171 (VIIe siècle)

En savoir plus sur les rêves en islam

Découvrez les trois types de rêves (ru'ya, hulm, adghath ahlam), les principes d'Ibn Sirin et l'ensemble des symboles interprétés selon la tradition islamique.

Guide islamique →

Symboles associés