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Rêver de vent en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

Le vent dans la tradition d'Ibn Sirin

Dans l'oniromancie musulmane classique, dont le Tafsir al-Ahlam attribué à Muhammad Ibn Sirin (642-728) demeure la grande référence, le vent (rîh, ريح) est l'un des symboles les plus ambivalents, parce qu'il l'est déjà dans le Coran lui-même. Tantôt le vent y est miséricorde (rahma), tantôt châtiment (‘adhâb) : c'est l'intensité, la direction et l'effet du souffle qui orientent la lecture du songe.

Le vent de miséricorde : annonce, pluie et provision

Un vent doux et bienfaisant est de bon augure. Le Coran évoque les vents que Dieu envoie pour annoncer la pluie et la provision : « C'est Lui qui envoie les vents comme une annonce de Sa miséricorde » (sourate al-A‘râf, 7:57 ; voir aussi al-Furqân, 25:48). Rêver d'une brise agréable évoque ainsi une bonne nouvelle, un soulagement, une faveur en chemin, la dispersion des nuages bienfaisants au-dessus du rêveur. Le vent qui pousse la pluie annonce la fécondité, la levée d'une difficulté et la provision répandue.

Le vent de châtiment : épreuve et bouleversement

À l'inverse, un vent violent, brûlant ou destructeur appartient au registre de l'épreuve. Le Coran rappelle le sort du peuple de ‘Âd, anéanti par « un vent mugissant et glacial » (sourate al-Hâqqa, 69:6 ; al-Qamar, 54:19). Un tel songe peut signaler une difficulté, un bouleversement, une parole ou une autorité qui s'impose avec force, ou des émotions qui débordent. Le vent qui déracine ou emporte évoque la perte de repères et l'épreuve qu'il faut traverser avec patience.

Le vent qui porte les nouvelles

Les interprètes notent aussi que le vent porte les paroles, les nouvelles et la renommée. Un vent favorable peut annoncer la diffusion d'une bonne réputation ou d'une heureuse nouvelle ; un vent chargé de poussière ou de bruit, des rumeurs et des paroles troubles. Comme pour tout symbole onirique en islam, ces interprétations restent conditionnées à l'état du rêveur et au contexte du songe : un même vent n'a pas le même sens selon qu'il apaise ou qu'il effraie. Les savants rappellent que seul le rêve véridique (ru'ya) fait indication, et que le sens dépend du rêveur et revient en dernier ressort à Dieu.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir, chapitre des éléments et des phénomènes du ciel (VIIIe siècle (compilation ultérieure))
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam, entrée « rîh » (vent) (XVIIe-XVIIIe siècle)

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