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Rêver de Rêver d'une souris en psychanalyse : Freud et Jung

Selon Freud

La souris occupe une place exceptionnelle dans l'histoire de la psychanalyse grâce au cas clinique célèbre que Freud publia en 1909 : *Notes Upon a Case of Obsessional Neurosis* (l'Homme aux rats, *Rattenmann* en allemand, où les rats jouent le rôle que les souris auraient pu jouer). Ce patient était obsédé par une fantaisie de torture impliquant des rongeurs — une obsession que Freud interprétait comme une condensation de l'angoisse d'argent (*Ratten* signifiant à la fois 'rats' et 'Raten' — paiements en allemand), de la culpabilité sexuelle, et de l'agressivité envers le père. Les rongeurs en général, dans la clinique freudienne, représentent souvent des pulsions partielles agressives ou sexuelles que le surmoi condamne mais que le ça ne cesse d'alimenter. La souris qui vit dans les recoins, que l'on entend sans la voir, qui grignote sans qu'on la prenne sur le fait — c'est l'image parfaite du refoulé qui travaille en silence. La peur exagérée des souris (musophobie) est, dans la perspective freudienne, souvent l'expression déplacée d'une autre peur que le sujet ne peut pas nommer directement — une peur de la sexualité, de la castration, ou d'une perte de contrôle que la souris incarne sous une forme symbolique tolérable.

Selon Jung

Jung voit dans la souris une manifestation de l'anima dans sa forme la plus furtive, la plus difficile à appréhender directement. L'anima — le principe féminin intérieur dans la psychologie masculine — peut prendre la forme d'une créature qui se dérobe constamment, que l'on aperçoit du coin de l'œil mais qui disparaît dès que l'on tourne la tête. La souris est cette insaisissabilité faite animal : elle est là, elle grignote, elle laisse des traces, mais on ne la voit jamais directement. Dans la mythologie et le folklore, la souris apparaît souvent comme un être de transformation — le plus célèbre exemple étant la Fée Marraine de Cendrillon qui transforme des souris en chevaux. Cette capacité de transformation, même pour le plus petit et le plus humble des animaux, est un rappel jungien que les contenus psychiques les plus modestes peuvent se révéler d'une puissance insoupçonnée lorsqu'ils sont regardés avec attention et intégrés consciemment. La souris blanche en particulier peut être une anima bienveillante qui guide vers des royaumes intérieurs inconnus.

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