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Rêver de lettre : signification complète et interprétations

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Mis à jour le 5 min de lecture

Rêver d'une lettre annonce le plus souvent une nouvelle attendue ou un message que l'inconscient cherche à transmettre. Dans la tradition d'Ibn Sirin, la lettre est une nouvelle — bonne ou mauvaise selon son contenu —, un savoir ou un rappel ; une lettre d'un personnage important annonce une nouvelle de poids. La psychanalyse y lit ce qui demande à être su et reconnu.

Signification générale

Les mots, dans une lettre rêvée, refusent presque toujours de tenir en place. On approche la feuille, les lignes glissent, se brouillent, se redessinent autre chose dès qu'on y revient. C'est un trait connu du rêve : le cerveau endormi fabrique mal un texte stable, qu'on relirait deux fois pareil. Et pourtant on sait. On sait que cette lettre nous était destinée, qu'elle apporte une nouvelle, qu'elle compte. Le sens arrive avant les phrases.

C'est exactement là qu'Ibn Sirin place la lettre : du côté de la nouvelle. L'écrit qui voyage annonce quelque chose qui approche — et son sort dépend de ce qu'il contient. Une lettre au contenu heureux prépare une bonne nouvelle, une réponse qui aboutit ; une lettre sombre, un souci qui s'annonce. La tradition va plus loin : l'écrit, parce qu'il est parole transmise, touche aussi au savoir, au rappel, au conseil qui parvient au bon moment. Pour qui cherchait une orientation, la lettre rêvée peut être cette clarté qui finit par arriver.

Reste à savoir de qui elle vient. C'est souvent là que se loge le poids du songe. Une lettre signée d'une figure d'autorité, d'un savant, d'un personnage qu'on respecte annonce — disent les interprètes classiques — une nouvelle d'importance, une décision qui vous concerne de près. Plus l'expéditeur pèse, plus la nouvelle pèse. La lettre d'un absent, d'un proche qu'on a perdu, prolonge autre chose : un dialogue qu'on n'avait pas fini, un mot d'apaisement qu'on s'adresse à soi-même autant qu'on le reçoit.

Et puis il y a celle qu'on n'ouvre pas. Le sceau intact. L'enveloppe qu'on tourne entre ses doigts sans la décacheter, ou qu'on range, ou qu'on perd avant d'avoir lu. Freud y aurait reconnu sa mécanique favorite : le pli, le cachet, c'est la censure, cette part de nous qui retient le sens à distance. La lettre fermée, c'est un contenu qui frappe à la porte de la conscience et qu'on ne laisse pas entrer. Ce qu'on n'arrive pas à lire en rêve, c'est très souvent ce qu'on n'a pas envie de savoir éveillé.

Jung, lui, aurait retourné l'image. Pas un secret qu'on se cache, mais un message qu'on s'envoie. Pour lui la lettre vient de l'intérieur, d'une instance plus vaste que le moi — il l'appelait le Soi — qui cherche à se faire entendre et choisit la forme de l'écrit pour le dire. L'expéditeur inconnu, dans cette lecture, n'est jamais tout à fait inconnu : c'est une voix de la psyché qu'on n'écoute pas assez. Recevoir la lettre, l'ouvrir, la lire jusqu'au bout accompagne souvent une prise de conscience qu'on était enfin mûr pour accueillir.

Écrire renverse tout le sens. Là, ce n'est plus une nouvelle qui vient, c'est une parole qui part. Se voir rédiger, cacheter, poster une lettre dit un besoin de formuler ce qui n'a pas encore été dit — un aveu, une demande, un adieu, une affaire qu'on traîne et qu'on voudrait clore. La personne à qui l'on écrit en dit souvent plus long que le contenu de la lettre. C'est vers elle que quelque chose, en vous, cherche à aller.

L'envers existe aussi. Une lettre déchirée, égarée, partie à la mauvaise adresse raconte l'inverse de l'arrivée : un lien qui se défait, un message qui n'atteint pas son but, une chose qu'on aurait dû dire et qui s'est perdue en chemin. Ibn Sirin le note dans le même mouvement — l'écrit qu'on ne peut plus lire, c'est la communication empêchée, la nouvelle qui s'égare.

La lettre, d'ailleurs, n'a jamais été un objet neutre dans notre culture. Toute une part de la foi chrétienne s'est transmise par elle : les épîtres de Paul, écrites de loin, depuis la prison parfois, pour tenir debout des communautés qu'il ne pouvait plus voir. Il va jusqu'à dire aux Corinthiens qu'ils sont eux-mêmes « une lettre du Christ, écrite non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant ». L'idée traverse les siècles : une lettre, c'est une parole qui franchit la distance pour relier. Le rêve en hérite. Ce qui vous parvient sous pli, fût-ce en dormant, vient combler un écart — entre vous et quelqu'un, ou entre vous et vous.

Rien de tout cela ne tombe du ciel, du reste. On rêve de lettres quand on attend une réponse qui tarde, quand un message reste en suspens, quand le téléphone n'a pas sonné. Le sommeil remet en scène ce besoin de savoir, ou de dire, que la journée a laissé ouvert.

C'est pourquoi l'émotion compte plus que l'objet. L'impatience devant l'enveloppe, le soulagement de l'ouvrir, le serrement à reconnaître une écriture : voilà ce qui oriente vraiment la lecture. Une lettre n'est qu'un support. La vraie question, au réveil, n'est pas ce qu'elle disait — vous ne le saurez sans doute jamais. C'est ce que vous attendiez d'elle. Et de qui.

Questions fréquentes

Que signifie rêver d'une lettre en islam ?

Dans la tradition attribuée à Ibn Sirin, la lettre est une nouvelle, bonne ou mauvaise selon son contenu, ainsi qu'un savoir ou un rappel. Recevoir une lettre annonce des nouvelles qui arrivent ; une lettre d'un personnage important signale une nouvelle de poids ou une décision. Une lettre illisible ou déchirée évoque une communication empêchée. Le sens dépend du rêveur et revient à Dieu.

Rêver de recevoir une lettre, est-ce un bon signe ?

Le plus souvent, recevoir une lettre annonce l'arrivée d'une nouvelle ou d'une réponse attendue. Son caractère favorable dépend de son contenu et de l'humeur du songe : une lettre joyeuse prépare une bonne nouvelle, une lettre sombre évoque un souci. C'est aussi, parfois, le signe d'un savoir ou d'un rappel qui parvient au rêveur au bon moment.

Que signifie rêver d'une lettre que l'on n'ouvre pas ?

Une lettre que l'on n'ouvre pas, ou qu'on ne parvient pas à lire, traduit une nouvelle redoutée ou un message que le rêveur n'est pas prêt à recevoir. Le sceau intact figure une vérité tenue à distance. Ce songe invite à regarder ce que l'on évite d'apprendre ou de s'avouer en éveil.

Pourquoi rêve-t-on d'écrire une lettre ?

Écrire une lettre en rêve exprime un besoin de dire, de transmettre ou de clore une affaire en suspens. Le rêveur cherche à formuler ce qu'il n'a pas encore exprimé : un sentiment, une demande, un adieu. La personne à qui l'on écrit révèle souvent ce que l'inconscient a besoin de communiquer.

Pour approfondir

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Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin — Tafsir al-Ahlam al-Kabir (VIIIe siècle)
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi — Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam (XVIIIe siècle)