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Rêver de cochon en psychanalyse : Freud et Jung

Selon Freud

Dans L'Interprétation des rêves (1900) et dans ses études sur la psychologie du développement, Freud associe le cochon à la phase anale — cette étape du développement psychosexuel où l'enfant découvre la maîtrise de ses fonctions corporelles et où se forgent les attitudes fondamentales envers la propreté, l'ordre, la possession et la générosité.

Dans la théorie freudienne, le cochon incarne le plaisir charnel non sublimé, les pulsions non encore soumises aux exigences de la civilisation. La goinfrerie, la saleté, le refus de l'hygiène sociale que le cochon représente dans l'imaginaire populaire correspondent, pour Freud, aux pulsions que la culture exige de réprimer et de transformer en attitudes socialement acceptables.

Les rêves de cochons accompagnent, dans cette lecture, souvent des périodes de relâchement des défenses du Surmoi — des moments où les exigences morales intériorisées s'assouplissent et où les pulsions refoulées tentent de s'exprimer. Ce n'est pas un jugement moral mais une observation clinique sur la dynamique inconsciente.

Selon Jung

Jung traite le cochon avec plus de nuance dans L'Homme et ses symboles (1964), en l'inscrivant dans la tradition mythologique. Dans de nombreuses cultures archaïques, le cochon était un animal sacrificiel de premier plan — en Grèce antique, notamment, le cochon était le sacrifice le plus courant dans les cultes à mystères, notamment les mystères d'Éleusis associés à Déméter et Perséphone.

Cette dimension sacrificielle et chthonienne fait du cochon, pour Jung, un symbole de la transformation par la descente dans les profondeurs. Le cochon fouille la terre avec son groin — il descend dans ce qui est enfoui, il extrait ce qui est caché. Cette capacité à fouiller les profondeurs peut symboliser un processus intérieur de mise au jour de ce qui était enfoui.

Jung voit aussi dans le cochon une figure du Soi dans son aspect le plus matériel et le plus incarné — l'acceptation de la nature corporelle et instinctuelle de l'être humain, sans honte ni déni. Intégrer le cochon, c'est réconcilier avec sa propre incarnation, avec ses besoins corporels, avec sa nature animale.

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