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Rêver de Rêver d'une pomme dans la Bible : symbolisme chrétien

La pomme — ou plus précisément le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal — est au cœur du récit fondateur de la Bible et de toute la tradition théologique judéo-chrétienne.

Il est fondamental de noter que le texte hébreu de la Genèse (2-3) ne mentionne pas de pomme spécifiquement : il parle simplement de 'fruit' (peri, פרי). L'identification de ce fruit à une pomme est une convention de la traduction latine de la Vulgate — le mot latin malum signifie à la fois 'pomme' et 'mal', ce qui a rendu cette identification irrésistible et a profondément marqué l'iconographie et la symbolique occidentale. Cette ambiguïté étymologique enrichit considérablement le symbole : la pomme est devenue le mal fait fruit, la tentation incarnée dans sa forme la plus séduisante.

Dans l'interprétation chrétienne classique, manger ce fruit représente le péché originel — la transgression de l'interdit divin par ambition de divinité ('vous serez comme des dieux', dit le serpent). Mais de nombreux théologiens, depuis Origène et Augustin jusqu'à Paul Tillich et Karl Barth, ont développé des lectures plus nuancées : le fruit de la connaissance est aussi le prix de la conscience morale, de la liberté et de la dignité humaine. Sans cette transgression, l'humanité serait restée dans une innocence animale sans conscience réelle.

Dans le Cantique des Cantiques (2:3), la pomme apparaît dans un tout autre registre : 'Comme un pommier parmi les arbres de la forêt, tel est mon bien-aimé parmi les jeunes hommes. J'ai désiré m'asseoir à son ombre, et son fruit est doux à mon palais.' La pomme est ici le symbole du bien-aimé, de la douceur érotique et de la joie de l'amour humain pleinement assumé. Cette double présence de la pomme — comme fruit de la transgression en Genèse et comme image du désir béni dans le Cantique — résume à elle seule toute l'ambivalence de ce fruit exceptionnel.

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