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Rêver d'oignon : signification complète et interprétations

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Mis à jour le 8 min de lecture

Rêver d'oignon évoque ce qui se cache sous des couches successives : vérité enfouie, émotion contenue, bien dont l'apparence trompe. Chez Ibn Sirin, l'oignon est un bien dont l'odeur déplaisante signale une réputation douteuse ou des paroles blessantes. Éplucher, pleurer en coupant, manger cru ou cuit : chaque variante oriente le sens.

Signification générale

Au bout de l'oignon, il n'y a rien. On retire une peau, une autre, encore une, et quand la main arrive au centre elle se referme sur le vide. Voilà ce qu'il faut sans doute garder de ce rêve avant tout le reste : on peut chercher longtemps, défaire patiemment, et ne buter sur aucun noyau. Le sens tenait dans le geste de peler, pas dans ce qu'on espérait trouver dessous.

C'est très exactement ce que Freud disait du désir. On soulève des justifications, des souvenirs-écrans, des défenses, en croyant approcher un cœur du problème enfin saisissable — et l'oignon se moque de cette illusion, lui qui n'a jamais eu de cœur. Jung allait dans le même sens sans en faire un échec : nos couches ne recouvrent pas un trésor enfoui, elles sont la matière même de ce qu'on est. La persona, les rôles, les masques. On les défait un à un, et ça pique. Forcément.

Car l'oignon pleure. Ou plutôt il fait pleurer, ce qui n'est pas la même chose. Un chagrin sans peine, des larmes prêtées par les circonstances. En songe, cette image dit souvent une émotion qui attendait depuis longtemps un prétexte honorable pour sortir. On ne s'autorise pas à pleurer pour la vraie raison, alors on pleure « à cause de l'oignon ». Le rêve, lui, sait très bien ce qu'il y a derrière.

Les vieux interprètes arabes ne prenaient pas les choses par là. Pour Ibn Sirin, l'oignon — al-basal — c'est d'abord un bien, de l'argent, une provision. Mais un bien qui sent. Et l'odeur, dans cette tradition, n'est jamais neutre : elle trahit une réputation douteuse, un gain dont on ne tire pas fierté, des paroles qu'on aurait mieux fait de garder. Le manger cru, à pleine âcreté, penche vers le mot regretté, l'affaire conclue trop vite. La Sunna déconseille d'ailleurs d'en croquer avant d'entrer à la mosquée, justement à cause de cette odeur qui gêne l'assemblée — détail rapporté par al-Bukhari et Muslim, et qui a nourri tout le reste. Cuit, en revanche, l'oignon s'adoucit : son âpreté tombe, et plusieurs interprètes y lisent une porte de repentir qui s'ouvre, un bien qui s'assainit, une dispute qui retombe. La cuisson fait ici le travail que le temps, ou l'effort, accomplit sur ce qu'on a de brut en soi.

Étrangement, le Coran et la Bible se rejoignent sur ce légume, au même endroit. Au désert, les Hébreux libérés se languissent des marmites d'Égypte : « les concombres, les melons, les poireaux, les oignons et les aulx » (Nombres 11, 5). La sourate al-Baqara rapporte la même scène et le même reproche — échanger le meilleur contre le plus vil (2:61). L'oignon devient là le goût de la servitude, le confort connu qu'on regrette parce qu'il avait de la saveur, quand la liberté n'offre qu'un pain quotidien et sans relief. Si ce rêve revient dans une période de choix, la question qu'il pose est presque trop nette : vers quelle casserole d'autrefois suis-je en train de me retourner ?

Avec l'oignon pourri, en revanche, restez sur vos gardes. C'est le seul scénario où le songe avertit franchement. Mou au-dedans sous une pelure intacte, il figure une affaire gâtée que rien ne laisse deviner du dehors — un projet, une relation, un bien qu'on croit sains parce que la surface tient encore. « L'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16, 7) : ce rêve tient entier dans cet écart entre l'enveloppe et le dedans, et il vous demande de vérifier ce que vous tenez pour acquis avant de vous engager plus loin.

Le reste est plus tendre. Planter des oignons, les voir mûrir sous terre, les récolter : c'est l'éloge d'un travail qu'on ne voit pas, d'une patience qui ne brille pas et nourrit pourtant le foyer. Les Égyptiens l'avaient saisi à leur manière — ils glissaient des oignons dans les tombes, leurs sphères emboîtées évoquant les cercles de l'éternité, comme si ce bulbe sans éclat portait déjà une promesse de renaissance, lui qu'on associait à Osiris et au renouveau. Et même les larmes, ici, changent de visage : « ceux qui sèment avec larmes moissonneront avec chants d'allégresse » (Psaume 126, 5). Une peine traversée n'est pas forcément une fin ; parfois c'est un semis.

Reste l'odeur sur les doigts, longtemps après qu'on a lâché le couteau. C'est peut-être la dernière chose que murmure ce rêve, et la moins flatteuse : nos actes et nos mots laissent une trace tenace, qui parfume ou qui incommode bien après notre passage. Entre le cru qui blesse et colle aux mains, et le cuit devenu doux et nourrissant, le songe penche toujours du côté de ce qui a pris le temps de s'adoucir.

Questions fréquentes

Que signifie rêver d'oignon en islam ?

Dans la tradition attribuée à Ibn Sirin, l'oignon (basal) renvoie à un argent ou un bien, mais marqué par son odeur forte : réputation discutable, paroles déplaisantes ou gain dont on ne tire pas fierté. Cru, il est reçu avec réserve ; cuit, son présage s'adoucit. L'oignon est cité dans le Coran (2:61) parmi les nourritures terrestres préférées à la manne. Le sens dépend du rêveur et revient à Dieu.

Que signifie rêver d'éplucher un oignon ?

Éplucher un oignon évoque un dévoilement progressif : on retire couche après couche pour atteindre une vérité — sur une situation, une personne ou soi-même. Le songe accompagne souvent une période d'introspection. L'absence de noyau rappelle que le chemin du dévoilement compte parfois plus que la révélation finale.

Rêver de pleurer en coupant un oignon, qu'est-ce que ça veut dire ?

Ce sont les larmes du prétexte : une émotion contenue qui profite d'une cause extérieure pour s'écouler. Le rêve peut signaler un chagrin réel que l'on ne s'autorise pas à exprimer directement, et inviter à reconnaître la peine qui se cache derrière ces pleurs de circonstance.

Rêver d'oignon pourri est-il un mauvais signe ?

C'est surtout un avertissement : l'oignon pourri sous une pelure intacte figure une affaire gâtée sous une apparence préservée — projet, relation ou bien dont la corruption ne se voit pas de l'extérieur. Le songe invite à vérifier ce que l'on tient pour acquis avant de s'engager davantage.

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Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin — Tafsir al-Ahlam al-Kabir (VIIIe siècle)
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi — Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam (XVIIIe siècle)