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Rêver de meurtre en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

On se réveille le souffle court, sûr d'avoir fait un rêve de mauvais augure. C'est presque toujours le contraire.

Dans la lecture d'Ibn Sirin, tuer en songe ne parle pas de violence. Ça parle de délivrance. Celui qui se voit ôter la vie à quelqu'un voit le plus souvent ses tracas s'éteindre — un poids qui tombe, une affaire coincée qui se dénoue, parfois carrément un travail qui arrive. Al-Nabulsi, dans le Ta'tir al-anam, va dans le même sens : il y lit une domination, la fin d'un état, parfois même un bénéfice rendu à celui qu'on tue. Et il ajoute une idée qui surprend toujours la première fois — se voir tué, soi, peut annoncer une longue vie et un redressement de situation. La mort en rêve marche souvent à l'envers du réel.

Reste à savoir qui tombe sous votre main. C'est là que tout se joue.

Un inconnu, c'est presque le meilleur cas. Les anciens y voient une victoire : un ennemi dont vous déjouez les manœuvres, des gens qui vous veulent du tort et que vous prenez de vitesse. Sur un plan plus intime, cet inconnu c'est souvent vous — une habitude qui vous colle à la peau, une peur, une part de vous que vous cherchez à faire taire. Le rêve dit que vous y arrivez.

Quand la victime est quelqu'un que vous connaissez, on ne lit pas la même chose, et surtout : ça ne dit rien de vos sentiments réels pour elle. Ibn Sirin y voit une tension jamais posée à voix haute — une rancune ancienne, un non-dit, quelque chose entre vous deux qui demande à être réglé éveillé. Vous l'emportez sur ce qu'elle représente, pas sur la personne.

Et si vous n'êtes que témoin, spectateur du meurtre sans y prendre part, le songe vous met au balcon d'un conflit qui n'est pas le vôtre : une nouvelle marquante qui arrive, une affaire dont vous allez entendre parler, rien qui vous engage vraiment.

Un mot sur les hadiths, parce que beaucoup de sites en inventent : aucune parole authentique du Prophète ﷺ ne fixe un sens chiffré au meurtre vu en rêve. Ce qu'on sait de source sûre, rapporté par al-Bukhari et Muslim, c'est que les rêves se rangent en trois — la vision vraie qui vient de Dieu, le songe angoissant soufflé par le diable, et le rêve qui n'est que le prolongement de vos pensées du jour. Un meurtre sanglant et terrifiant tombe presque toujours dans les deux derniers. Autant dire qu'il n'y a pas de présage à y lire.

Et puisque la question revient à chaque fois : non, vous n'avez pas à culpabiliser. La plume ne court pas sur ce que l'esprit fabrique pendant le sommeil. On répond de ses actes commis éveillé, en pleine conscience, pas de ses rêves. Un meurtre en songe ne salit personne.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-anam fi tafsir al-ahlam
  • Ibn Shahin al-Zahiri, Al-Isharat fi 'ilm al-'ibarat
  • Sahih al-Bukhari, Kitab al-Ta'bir
  • Sahih Muslim, Kitab al-Ru'ya

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