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Rêver de sa mère en psychanalyse : Freud et Jung

Selon Freud

Freud accorde à la mère une place centrale dans toute sa théorie du développement psychosexuel. Dans L'Interprétation des rêves (1900), il établit que la mère est le premier objet d'amour de tout être humain, et que les rêves qui la font apparaître peuvent être la résurgence de désirs et de fixations remontant aux premières années de vie. La relation à la mère est, dans le système freudien, la matrice de toutes les relations affectives ultérieures.

Freud développe dans Trois essais sur la théorie sexuelle (1905) comment le complexe d'Œdipe structure le rapport à la figure maternelle : l'amour du fils pour sa mère, la jalousie envers le père, l'angoisse de castration qui force le refoulement. Dans les rêves d'adultes, la figure maternelle peut donc charrier des contenus œdipiens refoulés. Freud distingue la mère réelle de la 'mère de l'inconscient' — l'imago maternelle formée dans les premières années, qui peut différer considérablement de la femme réelle.

Selon Jung

Jung offre une théorie de la mère en rêve d'une profondeur et d'une richesse que Freud n'atteint pas. Dans son essai L'Aspect psychologique de l'archétype de la mère (dans Les Archétypes et l'inconscient collectif, 1954), Jung décrit la Grande Mère comme l'un des archétypes les plus puissants de l'inconscient collectif — une structure psychique héritée de millénaires d'expérience humaine, bien antérieure à toute mère individuelle.

La Grande Mère jungienne a deux faces indissociables : l'aspect bienveillant (Déméter, Isis, la Vierge Marie, la mère nourricière) et l'aspect terrible (Kali, Médée, la sorcière, la mère dévorante). Quand votre mère apparaît dans un rêve sous ces deux aspects tour à tour, Jung y verrait la psyché tentant d'intégrer la totalité de l'archétype plutôt que de n'en accepter qu'une face. Le travail d'individuation exige précisément cette intégration des opposés.

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