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Rêver de diarrhée en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

La diarrhée dans la tradition d'Ibn Sirin

Dans l'oniromancie musulmane classique, dont le Tafsir al-Ahlam attribué à Muhammad Ibn Sirin (642-728) reste la grande référence, l'évacuation et le lieu d'aisance (le fait de se soulager) sont lus selon un principe d'évacuation des soucis et des dépenses. La diarrhée, comme évacuation abondante et difficile à retenir, s'interprète à rapprocher des entrées « toilettes » et « se soulager » des interprètes : ce qui sort du corps figure ce dont le rêveur se débarrasse.

Évacuer ses soucis et ses charges

Le sens dominant est celui du soulagement après une gêne. Se soulager au lieu d'aisance évoque souvent le fait de se débarrasser d'un souci, d'apurer une charge, de sortir d'une situation pénible. Lorsque l'évacuation est suivie d'apaisement, la tradition y voit un présage plutôt favorable : le rêveur dépose un fardeau, retrouve de l'air, voit ses tracas s'éloigner. C'est l'image d'un allègement.

Dépense, perte et argent illicite

Les interprètes rattachent fréquemment l'évacuation à la dépense ou à la perte d'un bien. La diarrhée peut ainsi évoquer une sortie d'argent soudaine, une dépense que l'on ne maîtrise pas, ou la restitution d'un gain. Lorsqu'il s'agit d'un bien mal acquis ou illicite, s'en débarrasser est lu positivement, comme une purification : le rêveur se délivre de ce qui le souillait. Le contexte — soulagement ou détresse, propreté ou souillure — module fortement ce présage.

Mesure et contexte

Les interprètes recommandent la mesure dans la lecture de ces songes corporels. L'état du lieu, la facilité ou la difficulté de l'évacuation, le sentiment de honte ou de soulagement, sont autant d'indices qui nuancent le sens. Une évacuation apaisée penche vers la libération des soucis ; une évacuation honteuse ou subie penche vers une perte ou un embarras à traverser.

Comme pour tout symbole onirique en islam, ces interprétations demeurent conditionnées à l'état du rêveur et au contexte du songe ; elles relèvent d'une tradition savante et n'ont aucune valeur dogmatique. Les interprètes rappellent que le sens d'un rêve revient en dernier ressort à Dieu.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir, chapitre du corps et du lieu d'aisance (VIIIe siècle (compilation ultérieure))
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam, entrées « se soulager » et « lieu d'aisance » (XVIIe-XVIIIe siècle)

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