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Rêver de cheval en psychanalyse : Freud et Jung

Selon Freud

Dans L'Interprétation des rêves (1900), Freud traite le cheval comme un symbole libidinal important. La puissance physique du cheval, son énergie débordante, ses mouvements rythmiques et sa nature potentiellement incontrôlable en font une représentation de la libido — l'énergie sexuelle — dans son expression la plus physique et la plus animale.

Freud cite le rêve du petit Hans — l'un de ses cas les plus célèbres — dans lequel un jeune garçon phobique des chevaux exprimait à travers cette peur une angoisse de castration liée à son père. Le cheval puissant était la métaphore du père tout-puissant, redoutable et envié simultanément. Cette association cheval-père-castration est spécifique à l'analyse freudienne mais a influencé durablement l'interprétation psychanalytique des rêves équins.

Les rêves de monte, d'équitation et de galop sont interprétés dans ce cadre comme des représentations déguisées de l'acte sexuel — le mouvement rythmique, la tension du corps, le sentiment de contrôle ou de perte de contrôle reprenant les éléments de l'expérience érotique.

Selon Jung

Jung développe dans L'Homme et ses symboles (1964) une vision du cheval beaucoup plus riche que la simple réduction freudienne à la sexualité. Pour lui, le cheval est l'archétype de la psyché non rationnelle — cette part de vous-même qui agit et qui ressent au-delà de ce que la raison peut contrôler.

Jung reprend l'image de la mère chthonienne dans la figure de la jument, et de l'énergie instinctuelle libérée dans le cheval au galop. Mais surtout, il voit dans le rapport cavalier-cheval une métaphore extraordinairement précise du rapport entre la conscience (le cavalier) et l'inconscient (le cheval) : la conscience ne peut pas supprimer l'inconscient ni le nier, mais elle peut apprendre à le monter — à établir une relation de collaboration et de maîtrise souple plutôt que de domination rigide.

Le cheval qui s'emballe représente l'inconscient qui prend le dessus ; le cheval apprivoisé, l'équilibre réussi entre raison et instinct. Cette métaphore, que Jung développe avec une finesse remarquable, est l'une des plus utiles de toute la psychologie des rêves.

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