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Rêver de Rêver d'un cheval noir en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

Interprétation classique selon Ibn Sirin

Le cheval (faras) tient une place de premier plan dans l'interprétation des rêves selon Ibn Sirin, qui y voit l'un des symboles les plus nobles : il représente le rang, le pouvoir, la fortune, la maîtrise de ses affaires et, pour l'homme, parfois l'épouse ou la femme qu'il domine et conduit. Monter un cheval docile et bien tenu annonce l'élévation, l'autorité et la réussite ; en perdre la maîtrise, ou en tomber, signale un revers de fortune ou la perte d'une position.

La couleur en module fortement le sens, et le noir profond (adham) est, chez Ibn Sirin, lu de manière plutôt favorable lorsqu'il s'agit d'un cheval : la robe noire intense évoque le pouvoir étendu, l'autorité forte, la richesse et le prestige, davantage que le simple cheval bai ou gris. Posséder ou monter un cheval noir vigoureux et obéissant est donc souvent l'annonce d'une dignité importante, d'un commandement ou d'une aisance matérielle considérable. Le noir y porte une idée de profondeur et de gravité du pouvoir, non de malheur.

Cette lecture favorable se renverse toutefois selon le comportement de l'animal. Un cheval noir indompté, qui rue, se cabre, échappe à son cavalier ou se montre agressif, traduit une autorité qui dérape, un pouvoir difficile à tenir, ou une passion et une force que le rêveur ne maîtrise plus. Ibn Sirin distingue ainsi soigneusement le cheval que l'on conduit — signe de gouvernement de soi et de ses affaires — du cheval qui domine son cavalier, signe de débordement. La noblesse du symbole demeure, mais son orientation dépend de qui, du rêveur ou de la monture, tient les rênes.

Hadiths et références prophétiques

Le cheval jouit dans la tradition islamique d'un statut d'honneur ; il est bien établi qu'une parole prophétique authentique associe au front des chevaux le bien jusqu'au Jour de la Résurrection, ce qui explique la connotation globalement positive de ce symbole dans l'interprétation onirique, indépendamment de sa robe. Cette estime générale du cheval éclaire pourquoi, chez les interprètes, le cheval noir penche vers le pouvoir et le prestige plutôt que vers un mauvais présage. On rappellera, pour la méthode, le principe prophétique authentique des trois catégories de rêves : la vision véridique venant de Dieu, le rêve trouble venant du diable, et le songe né des pensées du dormeur. Le cheval noir, même brillant de promesses, reste une image à interpréter avec mesure, sans y voir une certitude ni une prédiction ; aucun numéro de hadith ne doit lui être attribué.

Selon le contexte du rêve

Le sens varie selon l'action et l'apparence.

Voir un cheval noir (lecture « islam »), sans plus d'action, renvoie au symbole de base : un pouvoir, une fortune ou une autorité de grande ampleur entre dans l'horizon du rêveur ; il en est encore spectateur.

Monter un cheval noir, ou monter dessus, est le scénario le plus fort : il annonce l'accès à une position, à un commandement, à une réussite ou à une aisance importante — à condition que la monture soit docile et que le rêveur la tienne bien. Une chevauchée maîtrisée vaut mieux qu'une monture qui s'emballe.

Rêver d'un cheval noir agressif, qui rue ou attaque, inverse partiellement la lecture : l'autorité ou la passion en jeu échappe au contrôle, un pouvoir devient menaçant, ou une force intérieure déborde le rêveur. Le songe l'invite à reprendre les rênes.

Rêver d'un cheval noir mort signale la fin ou la perte de ce que le cheval incarnait : une position qui s'éteint, une fortune ou une influence qui se retire, parfois la clôture d'une période de puissance. C'est une image de déclin plutôt que de catastrophe.

Rêver d'un cheval noir et blanc, ou d'un cheval à la fois noir et blanc, mêle deux registres : le prestige et la gravité du noir s'unissent à la pureté, la clarté ou la part visible et reconnue du blanc ; on y lit une autorité équilibrée, une réussite mêlée de droiture, ou une situation aux aspects contrastés mais complémentaires. La lecture « signification » générale reste celle du cheval noble dont l'orientation dépend, avant tout, de la maîtrise du cavalier.

Avis des savants contemporains

Abd al-Ghani al-Nabulsi, dans Ta'tir al-anam, confirme la haute valeur du cheval comme symbole de rang, de richesse et de gouvernement des affaires, et lit la robe noire intense comme l'indice d'une autorité large et d'un prestige marqué, sous réserve que l'animal soit docile. Ibn Shahin al-Zahiri, dans sa tradition des signes, met l'accent sur la maîtrise : un cheval que l'on conduit annonce le succès, un cheval qui désarçonne ou s'échappe annonce la perte de contrôle et le revers. Une lecture contemporaine, prudente et non prédictive, voit dans le cheval noir la projection de la puissance personnelle, de l'ambition et des élans profonds du rêveur : maîtrisé, il évoque la confiance et l'affirmation de soi ; indompté ou agressif, il évoque une force, une colère ou un désir qui demande à être canalisé. Le cheval noir et blanc y figure souvent l'intégration de deux facettes du rêveur, l'ombre et la part assumée, tandis que la mort du cheval renvoie au deuil d'une ambition ou d'un rôle. Ces lectures relèvent de la symbolique du rêve et n'engagent ni prédiction ni jugement.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir (chapitre du cheval)
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-anam fi tafsir al-ahlam
  • Ibn Shahin al-Zahiri, Al-Isharat fi 'ilm al-'ibarat
  • Sahih al-Bukhari, Kitab al-Ta'bir (Livre de l'interprétation des rêves)

En savoir plus sur les rêves en islam

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