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Rêver de Rêver d'aveugle en islam : interprétation selon Ibn Sirin

Interprétation selon Ibn Sirin, Al-Kirmani et Al-Nabulsi — Guide complet des rêves en islam

La cécité dans la tradition d'Ibn Sirin

Dans l'oniromancie musulmane classique, dont le Tafsir al-Ahlam attribué à Muhammad Ibn Sirin (642-728) demeure la grande référence, la cécité (al-‘amâ, العمى) est lue avant tout sur le plan du cœur et de la guidance, et non sur celui du corps. Le principe directeur tient en une distinction coranique célèbre : la vue véritable est celle de l'âme. « Ce ne sont pas les yeux qui sont aveugles, mais les cœurs qui sont dans les poitrines » (sourate al-Hajj, 22:46). C'est cette « cécité du cœur » que le songe vient interroger, avec mesure et sans jamais dévaloriser celui qui est privé de la vue dans la vie éveillée.

La cécité comme égarement ou inattention spirituelle

Se voir aveugle est souvent interprété comme le signe d'un égarement possible, d'une inattention spirituelle, ou d'un éloignement du droit chemin. Le Coran oppose nettement les deux états : « L'aveugle et le voyant ne sont pas égaux » (sourate Fâtir, 35:19). Pour les interprètes classiques, ce songe peut donc être reçu comme un avertissement bienveillant : il invite le rêveur à revenir à la clarté, à se ressaisir, à ne pas demeurer dans le déni d'une vérité ou d'un devoir. Il ne s'agit jamais d'un jugement, mais d'un appel à la guidance (hidâya).

Recouvrer la vue : retour de la guidance

À l'inverse, recouvrer la vue en rêve est de bon augure. Il évoque le retour de la droiture, la sortie d'une période de confusion, la lumière qui revient éclairer le cœur. Pour celui qui traversait le doute, ce songe annonce un dessillement et un repère retrouvé. La vue rendue est, dans cette tradition, l'image d'une guidance accordée et d'une clarté intérieure rétablie.

Variantes rapportées par les interprètes

  • Guider un aveugle : aider autrui à retrouver le chemin, transmettre un repère, accomplir un bien.
  • Être guidé alors qu'on ne voit pas : recevoir un soutien, une orientation, une aide attendue.
  • Un aveugle qui marche sûrement : sagesse intérieure, perception de l'essentiel au-delà des apparences.

Comme pour tout symbole onirique en islam, ces lectures restent conditionnées à l'état du rêveur, à sa pratique et au contexte du songe ; elles relèvent d'une tradition savante et n'ont pas valeur de vérité dogmatique. Le sens dépend du rêveur et revient en dernier ressort à Dieu.

Sources et références

  • Muhammad Ibn Sirin, Tafsir al-Ahlam al-Kabir, chapitre des sens et des états du corps (VIIIe siècle (compilation ultérieure))
  • Abd al-Ghani al-Nabulsi, Ta'tir al-Anam fi Tabir al-Manam, entrée « ‘amâ » (cécité) (XVIIe-XVIIIe siècle)

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