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Rêver de Rêver d'un aigle en psychanalyse : Freud et Jung

Selon Freud

Freud ne consacre pas d'analyse spécifique à l'aigle dans son œuvre principale sur les rêves, mais plusieurs dimensions freudiennes s'appliquent naturellement à ce symbole. L'aigle appartient à la catégorie des animaux qui volent — et le vol, dans l'interprétation freudienne, est classiquement associé à des désirs d'élévation au sens libidinal : désir de transcender les contraintes sociales, aspiration à la toute-puissance, ou défense contre l'angoisse de castration par une mise en hauteur symbolique. L'aigle est aussi un prédateur à la vision perçante — et l'œil, dans la psychanalyse, est souvent associé au regard du père, à la surveillance du surmoi, à la curiosité sexuelle infantile. Voir un aigle qui vous fixe peut ainsi représenter le regard du surmoi qui juge, surveille et réprime. L'aigle royal — oiseau de l'Empire — peut également incarner la figure paternelle dans sa dimension la plus intimidante : le père comme roi, comme loi, comme puissance inaccessible que le fils rêve de dépasser ou de devenir. Que l'on soit attaqué par l'aigle ou que l'on s'envole avec lui modifie profondément l'interprétation de ce rapport au père symbolique.

Selon Jung

Pour Jung, l'aigle est l'un des archétypes du principe céleste, de la conscience solaire, du *puer aeternus* dans sa forme la plus accomplie. Associé à Zeus/Jupiter dans la mythologie grecque et romaine, l'aigle est le porteur de la foudre divine, l'oiseau qui transporte les âmes des héros vers le ciel après leur mort (l'apothéose romaine représentait souvent un aigle emportant l'âme de l'empereur déifié). Dans la psychologie jungienne, l'aigle représente l'animus dans son expression la plus haute — la fonction de discrimination, de clarté, de vision synthétique qui permet de saisir la totalité d'une situation depuis un point de vue élevé. Jung s'intéressait aussi à l'opposition symbolique fondamentale entre l'aigle et le serpent, qu'il voyait comme la *coniunctio oppositorum* par excellence : l'aigle (principe céleste, conscience, lumière, masculin) contre le serpent (principe chthonique, inconscient, obscurité, féminin). Leur combat — omniprésent dans les mythologies du monde entier — représente la tension créatrice entre conscience et inconscient. L'aigle qui descend et saisit le serpent, ou qui s'unit à lui (comme dans le symbole du caducée), est l'image de la totalité psychique intégrée.

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